Livres et souvenirs

D’aussi loin que je m’en souvienne, je vois mon père avec un livre dans les mains.
D’aussi loin que je m’en souvienne, je me revois avec un livre dans les miennes.


De ces vacances d’été, lorsque nous avons déménagé dans le sud, ne sachant pas lire mais regardant les bandes dessinées de mon père, les 4 As.
De l’avion pris avec ma mère en direction de son pays, et du livre offert par Air France dans l’avion, alors que je n’étais qu’en maternelle.

De ces moments cachés dans le lit de mes grands frères à essayer de déchiffrer de gros livres aux mille caractères … (mes 2 rôlistes de frangin).
De ces moments volés, vélo entre les jambes, où je « m’enfuyais » le temps d’une après-midi pour aller m’installer dans un endroit isolé avec vue sur les baous, perdue sur un petit chemin de sentier.
De ces après-midis, calée dans mon fauteuil crapaud chiné par ma mère, mon chocolat chaud à portée de moi avec mes livres de la collection« cascade policier » (j’ai fait un peu d’archéologie pour retrouver sur le site de la bibliothèque de mon enfance). Des « Chairs de Poule » qui me faisait « pseudo » peur. Des De la découverte de ce petit livre emprunté à la bibliothèque qui portait le nom magique de : « Harry Potter à l’école des sorciers ». Des livres pratiques, comme Copains des Bois (moooon dieuuuu, la madeleine de Proust !)
De ces piles de livres que j’empruntais à la bibliothèque, que je ramenais le mercredi suivant ou le samedi car je les avais déjà tous dévoré.


J’ai toujours aimé les lieux où les livres débordent des étagères, où l’odeur du papier persiste, ou les petits caractères se mêlent aux gros titres, où les couleurs pétantes se mélangent avec les couvertures austères, noires. Les bibliothèques, les librairies, les rayons livres et magazines des supermarchés, les vide-greniers …
Ces allées silencieuses où les bouquineurs debout, assis par terre, feuillètent leurs précieux du bout des doigts. Parfois, ces regards de connivence échangés sur la qualité de l’ouvrage choisi, ces petits sourires aux inconnus sur un savoir connu. Des piles de livres (encore elles !) qui s’entassent … et du regard déçu quand il faut faire un choix (fatidique …)

J’ai toujours aimé lire. J’ai toujours aimé l’objet « livre ». J’aime toujours ça et je pense que ça ne changera pas.
En ce moment, je lis surtout pour mes loupiots, et grâce à eux, j’ai pu découvrir un autre pan de la littérature : celle de jeunesse. Et quel plaisir que cette découverte, sans cesse renouvelée : les couleurs, les aventures, les symboles, les non-dits, les illustrations, les personnages, les mises en scène, les papiers utilisés, les rimes, les mots, les promenades, les émotions (et ça m’arrive régulièrement de retenir mes larmes … cœur sensible que je suis :-p )
J’aimais lire, et j’aime lire à mes enfants. J’aime les voir aller chercher un livre et me le tendre, j’aime les voir s’installer sur leurs petits fauteuils pour faire semblant, ou pour se relire l’histoire dans leur tête (il faut dire qu’il y en a certaines que l’on lit tellement souvent qu’elles les connaissent par cœur).
Et parfois, nous voilà, toutes les 3 (le petit encore trop petit …), installées sur le canapé, en train de « lire » chacune son roman ou sa BD, ou son livre d’images. L’espace d’un instant (car ça ne dure jamais très longtemps …), je peux lire quelque chose pour moi et partager un moment de quiétude. (bon, très vite perturbé par mes poulettes qui veulent qu’en fait, je leur lise vraiment leur histoire :-p ). Des moments partagées, des moments de lecture, des moments merveilleux.

Et j’espère qu’un jour, à leur tour, elles pourront dire :

D’aussi loin que je m’en souvienne, je vois ma mère avec un livre dans les mains.



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